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CARE, GENRE & ENVIRONNEMENT : un colloque fondateur et fédérateur

18 mai 2015

Du 7 au 10 septembre 2015 se tiendra, à l’Université Jean Moulin Lyon 3, le colloque Care[1], Genre & Environnement (CGE). Premier événement unique en son genre pour l’articulation novatrice de ces trois thématiques, le colloque CGE permettra de mettre en relation des sphères qui se rencontrent peu sur le terrain du développement. A la veille de la conférence sur le climat à Paris fin 2015, cet événement mêlera et mettra en dynamique une multiplicité d’acteurs et d’actrices de divers horizons (chercheur.e.s, acteur.rice.s politiques, ONG, citoyen.ne.s).

Longtemps impensée, cette articulation permet de saisir combien le genre et le care apparaissent comme des variables d’analyses primordiales et doivent être au centre du questionnement. C’est ce que se propose de faire ce colloque en mettant au centre des dispositifs, les femmes, actrices à part entière du développement au nord comme au sud. Deux exemples nous l’indiquent :

Exemple 1

Les réflexions actuelles sur les risques environnementaux causés par les systèmes alimentaires mondialisés et industrialisés, n’intègrent que très rarement la dimension du genre. Pourtant interroger l’ordre de genre qui traverse le modèle alimentaire et productif agricole dominant permet de questionner un système aux graves effets à la fois environnementaux et de santé publique (problème d’obésité et de maladies cardio-vasculaires notamment). De nouveaux liens entre producteur.rice.s et consommateur.rice.s inventent des alternatives à ce modèle productiviste et fondent l’alimentation comme un fait social majeur autour de systèmes alimentaires territorialisés en France, au Brésil, au Mexique. Les femmes sont très présentes dans toutes ces initiatives.

Pourtant les nouvelles considérations environnementales et les préoccupations envers une alimentation saine et équilibrée peuvent aussi constituer des freins à l’égalité femmes-hommes si les femmes subissent un renforcement de l’assignation au soin aux autres. Une responsabilité accrue peut enfermer les femmes dans des contraintes morales fortes (temps de travail, pénibilité des tâches). Si les pratiques sociales et les construits sociaux placent les femmes plutôt du côté du soin, il s’agit alors de dénoncer leur instrumentalisation associée au don de soi, à leur enfermement possible dans le soin et l’absence de soi en faveur des autres, ce qui peut sous-tendre le maintien de rapports hiérarchiques. La question de l’égalité femmes-hommes dans le contexte alimentaire suppose des responsabilités partagées.

Le véritable enjeu est une revalorisation des activités de care comme un défi à relever par les hommes et les femmes. Les soins, les précautions, l’attention aux autres et au monde représentent des valeurs centrales. Nous sommes interdépendant.e.s les un.e.s des autres et vis-à-vis de notre environnement. La question du bien-être devrait être ainsi posée comme une préoccupation essentielle.

Il apparaît donc nécessaire que les tâches relatives au care soient partagées pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes, tout en valorisant les compétences que les femmes ont pu développer par ce travail. Le modèle de l’agriculture industrielle a marginalisé les savoirs, les compétences et l’expertise que les femmes développent au cours de leur vie, notamment par leur prise en charge des tâches du care, telles que la culture potagère ou la cuisine. Les jardins autour des maisons représentent des espaces de biodiversité essentiels dans les pays du sud. L’articulation entre systèmes productifs et systèmes alimentaires doit être repensée. Ces nouvelles considérations environnementales et envers une alimentation plus saine sont dès lors l’occasion de saisir les « savoirs particuliers » acquis et mobilisés par les femmes (allant des modes de production, aux modes de transformation, circulation et consommation des produits alimentaires) comme leviers d’action potentiels pour un autre développement.

Loin d’une posture différencialiste et naturaliste, le propos est de valoriser ces savoirs. Entrer par le genre, ce n’est pas seulement questionner l’égalité des droits, c’est aussi penser un autre modèle de développement.

Exemple 2

Cette réflexion se retrouve également dans la gestion des risques et des ressources. Depuis la conférence de Rio sur le développement durable (2012), de vifs intérêts se sont développés au sujet des savoirs locaux et de modes de gouvernance plus participatifs. Des initiatives portent aujourd’hui sur l’expertise des habitant.e.s qui sont au cœur des politiques locales. Or, l’implication politique des femmes aux processus de décisions est insuffisante alors qu’elles sont des actrices de la vie locale et que la division sexuelle du travail explique qu’elles maîtrisent des savoirs et des compétences, en regard de l’environnement notamment, qui peuvent être différents de ceux des hommes. Leur place et leurs voix sont ainsi essentielles à une politique efficace de gestion environnementale.

Dans la gestion de situations de risque, leur implication est également essentielle notamment parce que les femmes subissent des vulnérabilités spécifiques : elles ne sont pas par nature plus fragiles, mais elles ne font pas nécessairement face aux mêmes contraintes que les hommes. Par exemple, dans plusieurs pays, elles n’ont pas toujours accès à l’apprentissage de la nage, ce qui les rend plus vulnérables lors d’inondations graves. Elles peuvent être plus nombreuses parmi les victimes des tremblements de terre parce qu’elles sont plus souvent assignées à l’intérieur des foyers pour des actions de care. Enfin, concernant la gestion de l’eau ou des déchets, dans les quartiers pauvres, les femmes, dans le contexte notamment de l’économie sociale et solidaire, sont particulièrement impliquées dans des contextes où les Etats ont du mal à assumer leurs responsabilités.

Le HCEfh, partenaire de cet événement, soutient cette initiative novatrice et fédératrice dans le champ du développement et de l’égalité femmes-hommes.

 

Site du colloque : bit.ly/1HpMT2T

Appel à contribution et/ou inscription au lien suivant : bit.ly/1HcldJB

 

Contact :
18, rue Chevreul 69007 Lyon
04 78 78 75 44
colloque.cge@gmail.com



[1] Care  : travail de soin auprès des personnes dépendantes (enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap), traditionnellement assigné et pris en charge par les femmes.